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Vivre plus longtemps : Pourquoi varier ses activités physiques compte autant que bouger plus
Études

Vivre plus longtemps : Pourquoi varier ses activités physiques compte autant que bouger plus

10 Août 20267 min de lecture

Marcher, courir, pédaler, jouer au tennis ou faire du renforcement : faut-il choisir l'activité la plus efficace, ou plutôt les combiner ? Une étude publiée dans BMJ Medicine suggère que la réponse ne dépend pas seulement de la quantité d'exercice. À volume comparable, les personnes qui pratiquent durablement une plus grande variété d'activités physiques présentent une mortalité plus faible.

Une observation sur plus de 111 000 adultes

Les chercheurs ont réuni les données de deux grandes cohortes américaines : la Nurses' Health Study et la Health Professionals Follow-Up Study. Les activités de loisir étaient déclarées tous les deux ans au moyen de questionnaires validés, puis mises en relation avec la mortalité sur plus de trois décennies de suivi.

111 467

participants

2,43 M

personnes-années

38 847

décès observés

Au début du suivi, les participants ne présentaient ni diabète, ni maladie cardiovasculaire, ni cancer, ni maladie respiratoire ou neurologique. Cette sélection réduit certains biais, sans pour autant transformer l'étude en essai clinique.

Le résultat central : la variété apporte une information supplémentaire

Sans surprise, un volume total d'activité plus élevé était associé à une mortalité plus faible. Mais l'analyse va plus loin : après prise en compte de ce volume total et de nombreux facteurs de santé et de mode de vie, le groupe ayant le score de variété le plus élevé conservait un avantage par rapport au groupe le moins varié.

−19 %

de mortalité toutes causes dans le groupe présentant la plus grande variété d'activités, comparé au groupe le moins varié

Association ajustée sur le volume total d'activité physique — elle ne démontre pas un lien causal.

−13 à −41 %

de mortalité cardiovasculaire, par cancer, respiratoire ou liée à d'autres causes selon les analyses spécifiques.

−21 %

de mortalité pour les participants classés à la fois parmi les plus actifs et les plus variés, face au groupe de référence.

Toutes les activités ne racontent pas exactement la même histoire

Dans les catégories de pratique les plus élevées, la plupart des activités étudiées étaient associées à une mortalité toutes causes plus faible. Les écarts ci-dessous comparent chaque catégorie haute à sa catégorie basse, après ajustements statistiques.

Marche

−17 %

Tennis ou squash

−15 %

Renforcement musculaire

−13 %

Course à pied

−13 %

À interpréter avec prudence : la natation n'a pas montré d'association statistiquement nette dans cette analyse. Cela ne signifie pas qu'elle serait inutile pour la santé ; le résultat peut refléter la façon dont l'activité a été mesurée, les profils des pratiquants ou d'autres facteurs non capturés.

Pourquoi la diversité pourrait-elle compter ?

Les auteurs avancent une explication plausible : différentes activités sollicitent des systèmes complémentaires. L'endurance développe surtout la capacité cardiorespiratoire, le renforcement entretient la force et la masse musculaire, tandis que les activités plus techniques mobilisent coordination, équilibre et agilité. La combinaison pourrait donc offrir une protection plus globale qu'une seule modalité répétée.

Entretenir le cœur et l'endurance

Marche rapide, vélo, jogging ou autres activités aérobies selon vos capacités.

Préserver la force

Renforcement avec charges, poids du corps ou exercices adaptés pour soutenir muscles et autonomie.

Stimuler coordination et agilité

Sports de raquette, parcours variés ou activités techniques pour diversifier les sollicitations.

Ce que l'étude ne permet pas d'affirmer

  • • Il s'agit de cohortes observationnelles : une association ne prouve pas que la variété cause directement l'allongement de la vie.
  • • Les activités étaient auto-déclarées, avec un risque d'erreur de mesure ou de mémoire.
  • • Les participants étaient principalement des professionnels de santé et majoritairement blancs, ce qui limite la généralisation à toute la population.
  • • Des facteurs résiduels — état de santé, environnement ou habitudes de vie — peuvent encore expliquer une partie des différences.

L'insight à retenir

Le meilleur programme n'est peut-être pas seulement celui qui vous fait bouger davantage, mais celui qui vous permet de bouger de plusieurs façons et durablement. Conservez une activité que vous aimez, puis ajoutez progressivement une modalité complémentaire adaptée à votre santé, à vos capacités et à vos objectifs.

Sources

  1. Han, H., et al. "Physical activity types, variety, and mortality: results from two prospective cohort studies". BMJ Medicine, 5(1), e001513. doi:10.1136/bmjmed-2025-001513, 2026.
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